Tissus naturels, artificiels et synthétiques
Chez La Margate Jaune, on imprime tous les jours sur du tissu. Alors forcément, on nous pose souvent la question : « c’est quoi la différence entre tous ces tissus ? »
C’est le grand retour des Mardis de la Margate, notre rendez-vous hebdomadaire. Chaque semaine, nous décryptons un aspect du tissu : sa fabrication, son origine, son impact.
Pour ce premier épisode, on commence par les bases : il existe trois grandes catégories de tissus, qui n’ont finalement pas grand-chose à voir.
Les tissus naturels : les végétaux et les animaux
Les tissus naturels proviennent directement du végétal ou de l’animal, sans transformation chimique lourde.
Côté végétal, on trouve le coton, le lin ou encore le chanvre. Côté animal, la soie et le cuir en sont les exemples les plus connus.
Ces tissus représentent environ 30% des tissus vendus dans le monde. C’est la seule catégorie qui pousse ou qui vit, littéralement, avant de devenir un vêtement ou un objet textile. Attention, ce n’est pas parce que la fibre est naturelle que tout l’est dans le tissu. Nous reparlerons de ce qui se passe dans le processus de fabrication dans d’autres épisodes.
C’est aussi la famille dans laquelle nous avons choisi de nous inscrire à La Margate Jaune : nous imprimons exclusivement sur des tissus en coton bio certifié GOTS.
Les tissus artificiels : une origine naturelle, une transformation chimique
Les tissus artificiels partent eux aussi d’une matière végétale, le plus souvent de la cellulose de bois. Mais contrairement au coton ou au lin, cette matière est ensuite transformée par des procédés chimiques pour devenir fibre textile. Quand on prend une tige de bambou, on ne peut pas la transformer en tissu par des procédés mécaniques : il faut extraire la cellulose chimiquement pour obtenir une fibre qui peut être filée.
Ce procédé a été inventé au XIXème siècle pour créer un tissu ressemblant à la soie, tissu recherché mais fragile et cher. La « soie artificielle », renommée viscose était née. La viscose et le lyocell sont les exemples les plus courants de cette catégorie, qui reste minoritaire : elle représente environ 6% des tissus vendus dans le monde.
Légers, souples, doux, faciles à produire, ces tissus sont souvent trompeurs car les indications « tissu en bambou » par exemple font croire à des tissus naturels.
Les tissus synthétiques : la matière première, c’est le pétrole
La troisième catégorie regroupe les tissus fabriqués à partir de pétrole. Polyester, élasthanne, nylon, polyamide : ce sont des noms que l’on connaît tous, souvent sans savoir de quoi ils sont réellement faits. Ce sont des composés chimiques qui sont synthétisés à partir de pétrole : on fond des molécules pour donner un polymère, qu’on transforme ensuite en fil.
Ces tissus existent depuis les années 1930, et sont maintenant majoritaires. En effet, les tissus synthétiques représentent à eux seuls près de 65% des tissus vendus dans le monde. Deux tissus sur trois achetés aujourd’hui sont donc, à la base, un dérivé du pétrole.
Ces tissus ont des propriétés intéressantes : résistance, entretien simple, légèreté, et surtout un coût de production assez faible. Ils ont pourtant des impacts très importants, dont nous reparlerons plus tard.
Pourquoi cette répartition est importante
Ces trois chiffres, mis côte à côte, disent quelque chose d’assez simple : la grande majorité de ce que nous portons ou utilisons au quotidien est issu du pétrole. C’est une information utile au moment de choisir un tissu, que ce soit pour un vêtement, un objet textile ou un support d’impression.
Chez La Margate Jaune, ce constat a orienté un choix clair : travailler uniquement avec des tissus naturels, bio certifiés GOTS, pour nos impressions comme pour les objets textiles confectionnés avec nos couturières partenaires.
Et vous, est-ce que vous regardez la composition des tissus avant d’acheter des vêtements ou d’autres produits textiles ?