Tampon, pochoir, cadres : comment on imprimait sur tissu avant le numérique
Mais avant d’en arriver au numérique, l’impression textile a une histoire beaucoup plus longue, et beaucoup plus manuelle. Cette semaine aux mardis de la margate, on remonte le temps : comment imprimait-on un motif sur un tissu avant l’arrivée des imprimantes ?
Tout d’abord, il faut comprendre la différence entre la teinture et l’impression. Pour teindre, on trempe le tissu dans la teinture, et on vient colorer l’ensemble du tissu d’une seule couleur, en profondeur (bon, en vrai, c’est un peu plus compliqué que juste tremper du tissu, mais je simplifie !).
L’impression, elle, vient apporter un motif localisé sur le tissu : une forme, un dessin, plusieurs couleurs à des endroits précis. C’est ce deuxième métier qui nous intéresse aujourd’hui.
Les techniques artisanales
Les plus anciennes techniques d’impression textile reposent sur un principe simple : appliquer le motif directement, à la main. La plus connue est le tampon. On prend un morceau de bois, on y grave le motif en relief, on le trempe dans l’encre, et on l’applique sur le tissu. Chaque application est un geste, refait autant de fois que nécessaire. Cette technique était utilisée en Inde il y a plus de 2000 ans, et elle est toujours utilisée. C’est ce qu’on appelle le block print. On trouve de nombreux tissus indiens imprimés grâce à cette technique. C’est encore manuel.
Il y a aussi le pochoir, qui fonctionne dans l’autre sens : on dessine le motif en creux dans une plaque, puis on peint uniquement là où il n’y a pas de matière. Le vide devient le motif.
C’est une technique traditionnelle, et on l’utilise encore aujourd’hui : c’est la sérigraphie. C’est surtout utilisé pour imprimer sur des produits finis comme des tee-shirts, sacs….
Ces deux techniques demandent de la patience et un vrai savoir-faire manuel, mais elles restent limitées en rapidité et en régularité pour de grandes quantités.
L’impression mécanique : l’arrivée de l’industrie
Pour produire plus vite et en plus grande série, l’industrie textile a développé l’impression à cadres. Le principe : un cadre par couleur du motif, appliqué successivement sur le tissu. Deux façons de faire.
L’impression à plat, appelée impression à la lyonnaise, où les cadres sont posés à plat sur le tissu, un par un.
Et l’impression rotative, où le tissu défile dans une machine qui applique successivement chaque couleur grâce à des cadres cylindriques.
Cette technique change la donne en termes de vitesse, mais elle a une contrainte de taille : chaque cadre représente un investissement. Il faut donc produire en grande série pour que ça soit rentable, ce qui explique pourquoi cette technique reste associée à l’industrie plutôt qu’à la petite série.
Et ensuite ?
Ces techniques, artisanales ou mécaniques, ont dominé l’impression textile pendant des décennies avant l’arrivée du numérique, qui change complètement la donne en termes de flexibilité et de petites séries. On vous en parle la semaine prochaine.